« Pretty in Pink » est le 6ème livre de la série « housemates» de Jay Northcote. Une série que j’avais jusqu’à présent plutôt appréciée avec des coups de cœur pour les tomes 2 « Like a love » et 4 «Watching and wanting ». Je pensais donc passer un agréable moment de lecture avec ce dernier titre. Malheureusement, « Pretty in Pink » fut pour moi une petite déception.


Pour commencer, j’ai dès les premières pages été confus. On ne connait rien à la sexualité de Ryan, le personnage principal, qui finalement, tout du moins au début, s’avère être hétéro. Un hétéro pas si hétéro que ça, vu qu’il se retrouve attiré par un mec. En soit, rien de bien grave, c’est un scénario vu plus d’une fois. Seulement ce qui m’a dérangé ici, c’est sa réaction. Il n’est pas choqué, pas dérangé, c’est limite du genre « Oh je suis attiré par un mec, oh bah pas grave je vais aller l’accoster, oh et puis tiens, je vais le baiser ». Ça m’a semblé totalement surréaliste. J’ai d’ailleurs eu ce même sentiment quelques pages plus loin avec la réaction des colocataires. Ils l’ont toujours cru hétéro, s’aperçoivent que non, et leur seule réaction est limite une claque dans le dos amicale et un « Good for You buddy »

C’est d’ailleurs durant cette conversation qu’un deuxième point m’a particulièrement choqué. Durant tout le livre, tous les personnages finissent à un moment par poser la question « Est-ce que c’était un one-of », un coup d’un soir quoi. Et pour le coup, en tant qu’homme gay, enfin demi, mais ce n’est pas le propos, qui a plutôt bien vécu et rencontré un nombre de gays assez important, dont beaucoup d’adeptes des plans culs, je peux vous certifier, que ce n’est pas la 1re question qui nous vient à la bouche, au brunch le lendemain midi. On va demander si c’était un bon coup, s’il était bien monté ou je ne sais quel autre détail technique, mais non, personne n’attaque par est-ce-que c’était un one-off. A la rigueur, a un moment on va demander à l’autre s’il compte le revoir, mais c’est tout. Lire une fois cette réflexion, ça passe, mais je vous assure qu’à la fermeture du livre, j’en étais allergique.

Ce manque de réalisme m’a d’ailleurs clairement choqué. Jay Northcote est généralement un auteur dont on ressent l’expérience dans ses livres. Mais là, je n’ai pas retrouvé cet ancrage dans la vraie vie. Les situations manquent de crédibilité et les dialogues de naturel. Quand je parle de manque de crédibilité, je ne parle pas que de la situation initiale. Les personnages tombent amoureux en à peine 2 jours. Ça va trop vite, ce n’est pas du tout réaliste et le livre aurait gagné et mérité d’avoir quelques « une semaine plus tard », « un mois plus tard ». Cela aurait rendu les réactions des personnages beaucoup plus compréhensibles et crédibles.

Il arrive parfois que certains aspects négatifs d’un roman soient oubliés grâce à ses personnages, mais ici ce n’est même pas le cas. J’ai certes adoré le personnage de Ryan auquel j’ai réussi à certains moments à me connecter. Mais alors Johnny rentre facilement dans le top 10 des personnages que je trouve les plus antipathiques. Pour moi, c’est un connard, lunatique, incompréhensible qui se sert de l’excuse d’une déception amoureuse pour se faire baiser par tout ce qui passe ou presque. Il est l’incarnation presque parfaite de tout ce que je méprise dans le milieu gay.

vous ne pouvez pas prôner la sécurité, la capote, les tests HIV et tout le tintouin et faire avaler vos personnages deux lignes plus loin

Je terminerai ma revue par un dernier point qui m’a encore une fois clairement choqué. Ce n’est pas la première fois que je me fais cette remarque et que je trouve ce point choquant. Non, amis auteurs, vous ne pouvez pas prôner la sécurité, la capote, les tests HIV et tout le tintouin et faire avaler vos personnages deux lignes plus loin. Certes le risque de transmission est moindre, mais il n’est pas nul. Alors que vos personnages ne sucent pas avec une capote, je peux le comprendre, on est très peu à le faire, moi le premier, mais par pitié, faîtes un effort pour qu’ils jouissent ailleurs qu’au fond de leur gorge. Ce n’est pas comme si centimètre carré de peau manquait sur le corps masculin, et new flash, beaucoup préfère la faciale à avaler.
Bref, vous l’aurez compris, je pense, Pretty in Pink n’est pas un livre que je recommande. J’ai adoré la série, que je conseille fortement. Elle compte de jolis moments de lecture et un tome 5 qui respire le vécu. Malheureusement ce n’est pas le cas de celui-ci qui donne plus envie d’en finir avec cette série plutôt que d’espérer une suite.

Revue préalablement publiée au boudoir écarlate.

 

Pretty in Pink de Jay Northcote
2.5 Note
Histoire
Personnages
Erotisme
Ecriture
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